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La Réunion : Les petites entreprises crient au secours
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La Réunion : Les petites entreprises crient au secours
Avec une activité qui tourne au ralenti depuis des mois, les petites et moyennes entreprises (PME) tirent la langue, écrasées par le poids des charges sociales et fiscales. Face à des carnets de commande qui restent désespérément vides, les petits patrons n’ont pas d’autre solution que de licencier.
Elles sont balayées une à une en silence par la crise. Et pourtant, les dégâts sont là. Elles, ce sont les petites et moyennes entreprises (PME) qui constituent 90% du tissu économique réunionnais. Loin du tapage médiatique lié à la déchéance des grands groupes locaux, les PME ferment les unes derrière les autres, à bout de souffle, après trois ans de crise, et sans perspective réelle de reprise d’activité.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2011, plus de 2400 entreprises ont été radiées dans les secteurs du commerce, de l’industrie et des services. Et aujourd’hui, ce sont 5500 entreprises réunionnaises qui n’arrivent plus à payer leurs charges sociales.
Pour mesurer l’impact de la crise, les chiffres des tribunaux de commerce donnent toujours une vision très précise de l’état de l’économie, écrit notre confrère du Journal de l’île de la Réunion. Sur la juridiction de Saint-Denis, la situation s’est très nettement aggravée à partir du second semestre de l’année dernière. « Signe incontestable que notre île était également touchée par la récession », poursuit le journal..
En 2011, ce sont 155 liquidations qui avaient été prononcées par le tribunal. Pour les six premiers mois de l’année, il y en a déjà eu 89. Soit plus de la moitié. En revanche, les mesures de sauvegarde et de redressement sont légèrement en retrait sur les six premiers mois de l’année par rapport à 2011. Mais l’on sait que le nombre de procédures augmente traditionnellement durant la seconde partie de l’année lorsque les dirigeants ont examiné les comptes de leur entreprises. Et qu’ils doivent en tirer certaines conclusions...
Selon Jean-Michel Bouchon, président du tribunal de commerce de Saint-Denis, le secteur le plus touché reste celui du bâtiment-travaux publics. « Les marchés espérés n’arrivent pas. Ce qui crée de gros problèmes de trésorerie. Et à un moment, il n’est plus possible de continuer l’activité ». Le secteur du gardiennage est également parmi les plus touchés avec celui des commerces de proximité.
Plus d’entreprises qui ferment, c’est aussi plus de licenciements et de chômeurs. « Cela ne fait pas de bruit comme en métropole avec des plans sociaux de grande envergure, analyse Jean-Michel Bouchon. Mais ces liquidations contribuent à détruire le tissu économique et social. C’est très inquiétant ».
Et à notre confrère réunionnais de citer le cas de Jean-Michel Espel. Ce dernier  a créé son entreprise Point VRD, spécialisée dans le terrassement, en 2000. Installée à la Saline, la société sous-traitait essentiellement avec de grosses entreprises du BTP. Mais depuis février 2011, la crise du bâtiment a rattrapé violemment cette petite structure qui a dû licencier l’ensemble de son personnel, soit 6 salariés, voilà cinq mois. Pour tenter de survivre, Jean-Michel Espel fait maintenant appel à de l’intérim et tente de louer ses engins. En vain.
Source : Le Journal de l’île de la Réunion
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