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La Réunion : Un surfeur succombe à une nouvelle attaque de requin
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La Réunion : Un surfeur succombe à une nouvelle attaque de requin
Un surfeur de 22 ans a été attaqué lundi (23 juillet)  par un requin sur le spot de Trois-Bassins avant de succomber à ses blessures. Trois de ses camarades ont tout tenté pour le sauver, en vain. Immense émotion et colère lundi soir sur la plage de l’un des derniers sanctuaires pour la pratique du surf (photo).
Le choc est immense, insupportable, pour les proches d’Alexandre Rassiga comme pour l’ensemble de la communauté du surf. Le jeune homme a été attaqué par un requin lundi aux alentours de 16 h 30 sur le spot de Trois-Bassins. Trois autres jeunes surfeurs étaient à quelques mètres de lui au moment de l’attaque. Ce sont eux qui en décrivent les circonstances exactes. "On surfait sur la Gauche des pédés. Alexandre a pris une vague, jusqu’au bout, il est sorti, entre la gauche et le peak, juste un peu plus haut que la patate de corail et il a commencé à ramer pour remonter. C’est là que je l’ai entendu crier", raconte Jérémy. "J’allais prendre une vague et quand je l’ai vu, j’ai compris tout de suite qu’il s’était fait attaquer, il y avait déjà une mare de sang autour de lui". Dans le même temps, Marc, également sur le spot, voit l’aileron "et la masse" filer.
Les deux surfeurs et leur troisième camarade, Arthur, se précipitent. "Il m’a dit : fais-moi un garrot", témoigne Marc, évidemment sous le choc. "J’étais tétanisé, je pensais au requin qui était peut-être encore là, je ne savais pas quoi faire", enchaîne Jérémy. Les trois surfeurs s’exécutent malgré tout rapidement, saisissent le leash de leur planche pour tenter de stopper l’hémorragie. Mais une vague les renverse. Alexandre a la jambe droite sectionnée au-dessous du genou, la jambe gauche également mordue.
"On a tout essayé pour le sauver"
"On a essayé le garrot, ça n’a pas marché, on a essayé après de l’allonger sur une planche et de sortir par les rochers mais avec les vagues, c’était pas possible", décrivent encore les trois surfeurs qui parviennent finalement à rejoindre la plage en quelques minutes. Alexandre a déjà perdu connaissance. Sur le sable, un médecin prend le relais, dans l’attente des secours sur place quelques minutes plus tard. Ce sont alors les pompiers et les médecins du Smur qui tentent de le réanimer, en vain.
Une heure plus tard, les trois compagnons de surf d’Alexandre sont prostrés, assis près de leur voiture. "On a fait ce qu’on a pu, on a tout essayé pour le sauver". Près de la plage, la famille et de nombreux amis sont eux aussi effondrés.
Le dernier spot sûr et pourtant…
Cette sixième attaque en 18 mois, la troisième fatale, vient prolonger inexorablement la série noire de 2011. Hier, le drame est survenu dans des conditions tristement banales à cette période de l’année. Une mer agitée au vent, une houle forte sans être exceptionnelle, une eau forcément troublée près du bord mais claire derrière les vagues, selon les témoins de l’accident. L’attaque s’est surtout déroulée moins d’une demi-heure après le départ des vigies qui surveillaient le spot pour les écoles de surf, présentes depuis le matin.
Le spot de Trois-Bassins accueillait en effet depuis plusieurs mois les pratiquants des autres spots interdits après les attaques de l’an dernier. Surfeurs confirmés comme débutants et moniteurs s’y étaient "réfugiés". Paradoxal, car dans le même temps, chacun désignait ce spot populaire comme le théâtre probable d’une nouvelle attaque.
Roland Ramakistin, le maire de Trois-Bassins, a immédiatement interdit la baignade et toutes les activités nautiques dans les eaux de la commune, jusqu’à nouvel ordre. Insuffisant bien sûr pour de nombreux surfeurs présents lundi soir. Des surfeurs en colère qui ont vivement interpellé le sous-préfet de Saint-Pierre dépêché sur place. Des applaudissements ironiques pour souligner leur amertume. Pour eux, les autorités n’ont pas assumé leurs responsabilités. Un sentiment appuyé par plusieurs personnalités du surf dont Amaury Laverhne, interrogé par nos confrères d’Antenne Réunion. "Il faut arrêter de surfer sur la côte ouest", a-t-il lancé.
Cette nouvelle attaque remet le risque requin sur le devant de la scène médiatique autant qu’elle place la préfecture dans une situation pour le moins délicate. "Il vous en faudra combien ?", demandait un surfeur au sous-préfet lundi soir. Comprenez : "combien de morts ?". Les prémices d’une nouvelle et longue polémique à venir.
(Romain Latournerie/Le Journal de l’île de la Réunion).
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