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Madagascar : Des experts nationaux défient les Nations unies

12 juillet 2012, 20:00

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Madagascar : Des experts nationaux défient les Nations unies

Comme on s’y attendait, un groupe «?d’experts électoraux?» s’est dressé contre la décision des Nations unies d’organiser les élections en mai-juin 2013. Composé d’anciens membres de la CENI, dont l’ancien président Hery Rakotomanana, il prétend pouvoir tenir convenablement les législatives cette année et compte convaincre les Nations unies.

La décision de la Commission électorale nationale indépendante de la Transition (CENIT) de tenir des élections jumelées l’année prochaine, plus précisément en mai/juin 2013 conformément aux recommandations des Nations unies ne fait pas l’unanimité.

Une plateforme composée d’« experts nationaux en élections », dont des anciens membres de cette commission première du nom, ont fait part de leur désir de voir les législatives se tenir cette année. Ce nouveau comité envisage de rencontrer les experts des Nations unies et de les convaincre de faire de la place à la « fierté nationale ».

« Nous allons essayer d’entrer en contact avec les experts électoraux des Nations unies et les convaincre qu’une élection, en l’occurrence les législatives, c’est-à-dire une élection de proximité, reste faisable cette année », informe Made¬leine Ramaholimihaso, un membre de ce comité. La version de cette fondatrice du Comité national d’obser¬vation des élections (KMF/ CNOE) est que la question se trouve sur la nécessité pour la partie malgache de disposer de ses choix sur la définition du calendrier électoral par rapport, notamment, à la communauté internationale.

Norme internationale

« D’ailleurs, Andry Rajoelina, président de la Transition, nous a assuré de la disponibilité d’un fonds bien à nous pour organiser une élection cette année », confie ce comité.

Dans leur communiqué, les experts des Nations unies dans un premier temps, un adjoint de Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies le 18 juin ensuite, ont insisté sur ce calendrier stipulant des scrutins jumelés en mai/juin 2013 dont la date précise reste à déterminer. Ces responsables électoraux ont mentionné « la norme internationale » que garantirait ce calendrier. La représentation locale des Nations unies avait également sous-entendu que ce calendrier ne serait pas négociable.

Le comité d’experts nationaux, composé, outre Made¬leine Ramaholimihaso, de Bruno Rakotoarison, ancien rapporteur général de la CENI, de Jean de Dieu Rave¬loson, administrateur civil, issu lui aussi de cette commission, de Razafimandimby, observateur électoral, et de Hery Rakotomanana, ancien Président, a exposé la faisabilité aussi bien technique que politique des législatives cette année, parallèlement au souhait d’Andry Rajoelina, président de la Transition.

Le bras de fer est ainsi engagé entre ce nouveau comité d’experts, plus proche des revendications du pouvoir et la CENIT de Béatrice Atallah, Présidente, adoubée par la Communauté internationale. Cette dernière, au cours de la rencontre entre ces deux parties hier dans la matinée, aurait fait part de sa volonté de voir la crise arriver à son terme, mais pas par n’importe quel moyen, d’après ses récentes déclarations. Fano Rakotondrazaka, rapporteur général de la CENIT, a anticipé la déclaration, ce dernier posant la question de savoir si une élection cette année sortirait le pays de la crise.

Iloniaina Alain
(Source : L’Express de Madasgascar)

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