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Comores : Protéger les arbres pour protéger la filière ylang

13 mai 2012, 20:00

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Il faut entre un et deux mètres cubes de bois pour produire un kilo d''''essence d''ylang. Avec 50 tonnes produites chaque année, Anjouan reste le premier producteur, ce qui n''est pas sans impact environnemental.

Le calcul est simple à faire. Il faut entre un et deux mètres cubes de bois, selon les performances de l''alambic, pour assurer la distillation des 50 kg de fleurs d''ylang qui produiront un kilo d''huile essentielle d''ylang. L''unité de mesure des huiles essentielles au stade de la production est en effet le kilo et non le litre.  Avec une production annuelle de 50 tonnes, Anjouan brûle donc, chaque année, entre 50 000 et 100 000 mètres cubes de bois que les artisans distilleurs vont, jusqu''à présent, prendre là où ils le trouve, c''est à dire au plus près. L''impact est désastreux et de vastes étendues se transforment en pazzas, autrement dit en désert où plus rien ne peut pousser, une situation qui mettra en péril, un jour ou l''autre, la filière ylang elle-même, sans parler des autres activités agricoles.

La coopérative des distilleurs d''ylang d''Anjouan, ainsi que les collecteurs qui servent d''intermédiaire entre les producteurs et les exportateurs s''en sont émus et tentent de trouver des alternatives au bois ou au moins aux pratiques actuelles. L''option gaz a rapidement été écartée : trop onéreuse. Le pétrole lampant a été choisi par certains mais reste risqué. « On n''est pas à l''abri d''une pénurie » remarque sagement Sureti Ahmed Abdallah qui a en charge ce dossier au sein de la coopérative.

 « On peut continuer à utiliser le bois, poursuit-t-il, mais il faut organiser la filière ». Il faudrait, dans un premier temps, « mettre en place des zones réservées où toute coupe de bois serait interdite », détaille-t-il, mais surtout organiser une filière à même de satisfaire les besoins sans toucher au capital bois de l''île. « L''acacia pousse en trois ans et a un très bon pouvoir calorifère » propose Sureti. Il s''agirait donc de créer des plantations réservées à la distillation. C''est cette solution qui a sa préférence.

« Le pétrole, il faut encore l''importer! Alors que le bois est une énergie renouvelable ». Mettre en place un tel dispositif a un coût, « nous avons établi un budget prévisionnel qui se monte à 300.000 euros ». Cette somme, relativement modeste, est malgré tout hors de portée des distilleurs, il va donc falloir se mettre en quête de bailleurs de fonds à même de financer une opération qui serait un progrès indéniable pour une des activités économiques phare d''Anjouan.

La coopérative s''est rapproché d''une ONG canadienne, qui pourrait l''accompagner dans cette démarche dans laquelle ils espèrent bien entraîner également le gouvernorat de l''île.

Là où poussaient des arbres il y a quelques années, la latérite remplace peu à peu la végétation. Si les alambics constituent un facteur aggravant de la déforestation, ils n’en sont pas seuls responsables. En zone rurale, la cuisine y contribue largement.

Source : Malango Actualié.

 

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