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La Réunion : une nouvelle étape de la refondation du Parti communiste réunionnais

17 mars 2012, 20:00

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La Réunion : une nouvelle étape de la refondation du Parti communiste réunionnais

Septembre 2011, le résultat des élections sénatoriales montre une profonde coupure entre les élus et le peuple qui les a désignés. En effet, ces élus s’amusent à donner la majorité de leurs suffrages à la liste UMP qui rafle deux sénateurs sur quatre.

Or, la composition de ce corps électoral permettait la réélection de deux sénateurs sortants, Paul Vergès et Gélita Hoarau. Mais à la place de Gélita Hoarau, la sénatrice communiste fille de planteur, les élus ont choisi de privilégier Jacqueline Farreyrol, la notable déjà députée UMP. 100 voix qui auraient dû se porter sur la sénatrice communiste sont allées ailleurs.

Ce jour-là, une solidarité de classe s’est manifestée contre les intérêts de la population et du PCR. Étant donné l’ampleur de la différence entre le nombre de suffrages escompté et le nombre finalement obtenu, tous les observateurs se sont tournés vers certaines de nos municipalités, en particulier Saint-Paul. Il ne s’agissait pas de divergence, car les 100 personnes auraient pu se réfugier dans le vote nul. Non, ces personnes, élus conseillers avec des voix communistes ont voté contre la liste PCR. C’est un acte délibéré ! La volonté de faire perdre !

Cette situation est dramatique, car ces élus ont décidé d’abandonner la population pour soutenir les partisans de l’immobilisme représentés par la liste de Didier Robert.

Devant ce fait, la direction du Parti communiste réunionnais ne pouvait rester indifférente.

Le lancement de la refondation à Sainte-Suzanne

Moins de deux mois plus tard, des élus sous l’étiquette PCR sont face à leurs responsabilités à Sainte-Suzanne. Maurice Gironcel vient de recouvrer ses droits civiques. Il en avait été privé deux ans plus tôt par un fonctionnaire qui, "au nom du peuple", a décidé de le condamner et de lui retirer tous les mandats confiés par la population.

Conformément à l’engagement pris après l’injuste condamnation de Maurice Gironcel, les élus du groupe majoritaire se devaient de démissionner afin de provoquer de nouvelles élections. En dernier ressort, c’est au peuple de choisir ses élus. Élie Hoarau propose alors à la maire intérimaire, Yolande Pausé, de prendre la tête de la bataille pour la réélection de Maurice. Elle refuse. Pour sa part, le premier adjoint, Daniel Alamélou, affirme au secrétaire général du PCR que Maurice ne pèse plus rien à Sainte-Suzanne, et il dit également que sa liste est déjà prête.

Ces deux élus et leurs soutiens décident alors de remettre en cause deux principes fondamentaux du Parti Communiste Réunionnais : la solidarité avec un camarade injustement condamné, et le respect de la parole donnée.

Et, ils osent encore se dire communistes. Il se trouve que ces derniers trouvent un soutien avec la seule députée PCR, qui affirme que demander à Yolande Pausé de démissionner, c’est une violence faite aux femmes !

Ces adversaires du PCR ont eu tout faux sur toute la ligne. Tout d’abord, ils n’ont pas pu empêcher les élections d’avoir lieu. Ensuite, le peuple a clairement affirmé sa solidarité à Maurice Gironcel, et son attachement au respect de la parole donnée.

Et c’est fort logiquement que deux semaines après la victoire de Sainte-Suzanne, le Parti Communiste Réunionnais organisait sa conférence extraordinaire dans cette ville avec comme mot d’ordre principal la refondation du Parti. C’était le 19 février dernier, avec la participation de 1.500 délégués.

Le PCR revient à Saint-Paul

Deux jours plus tard, la députée PCR soutenue par l’ancienne section de Saint-Paul a décidé de combattre les décisions de la conférence extraordinaire. Refusant l’investiture dans la 2ème moitié de Saint-Paul, elle décide d’agresser les maires du Port et de La Possession. C’est un autre principe du Parti communiste réunionnais qui est attaqué, celui du respect des décisions collectives.

En effet, le 7e Congrès a bien réaffirmé que nul ne peut se prévaloir d’une quelconque qualité pour se prétendre candidat. La section de Saint-Paul et Huguette Bello avaient voté pour ce principe. À peine un an plus tard, ils s’y opposent.

En agissant de la sorte, Huguette Bello et ses complices exposent qu’ils n’ont plus rien à voir avec le PCR. Ils suivent donc le même chemin que leurs prédécesseurs de Sainte-Suzanne. D’ailleurs, comme pour Sainte-Suzanne, des médias tentent de tromper l’opinion en essayant de faire croire que ceux qui ont décidé de quitter le PCR sont toujours dedans. Le "JIR" va même jusqu’à dire qu’il y a deux sections communistes à Saint-Paul, alors qu’en réalité il n’y en a plus. Comme c’est curieux de voir quelqu’un faire sa loi toute seule et exiger que tous les autres se plient à son diktat !

Pour ces raisons, c’est donc à Saint-Paul que va se dérouler demain un nouveau temps fort de la refondation du Parti Communiste Réunionnais. Lors d’un rassemblement à la Grande Fontaine, les propositions du PCR, votées par 1.500 délégués de toutes les sections (sauf Saint-Paul) et adressées aux candidats à la présidentielle vont être présentées aux Saint-Paulois. Ce sera le premier acte du retour du Parti communiste à Saint-Paul qui lancera de manière irréversible la refondation du PCR.

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