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La SADC sort ses griffes
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La SADC sort ses griffes
La Troïka de la SADC évoque «l’impasse » dans la mise en œuvre de la Feuille de route à cause des acteurs politiques. Elle brandit la menace de sanctions à l’encontre de ces derniers.
Un coup de semonce bien senti. La Troïka, organe de coopération de la Commu¬nauté de développement de l’Afrique australe (SADC), sort de son silence pour prévenir les acteurs politiques sans distinction dans la mise en œuvre de la Feuille de route.
« La Troïka met en garde toutes les parties prenantes qu''''elle prendra les clauses de pénalité nécessaires telles que stipulées dans la Feuille de route contre toute partie prenante qui continue d''entraver l’application de celle-ci », a indiqué un communiqué de l’organe, publié par le Bureau de liaison du bloc économique régional hier.
La Troïka affirme être « profondément préoccupée » par la situation politique qu’elle reconnaît être « dans l’impasse ». Elle déplore, entre autres, une « cohabitation insuffisante entre les parties prenantes dans les institutions de la transition ». Une observation déjà avancée par Léonidas Tezapsidis, chef de délégation et ambassadeur de l’Union européenne, déplorant un manque d’« es¬prit d’équipe au sein des institutions ».
À part les foyers de tension sociale, l’organe de coopération de la SADC note une « tendance inquiétante de certains acteurs et signataires de la Feuille de route qui ont seulement apporté un soutien partiel au processus, lorsque cela convient à leur personne et aux intérêts de leur parti politique ». Une situation qui pourrait aboutir à une « dégradation continue de la situation, déstabilisant le processus de la Feuille de route ».
La Troïka invite les acteurs politiques à rectifier le tir. Elle réclame un « compromis politique mûr et un consensus mutuel ». « Il reste d’importants défis politiques qui nécessitent une solution urgente avant que Madagascar n’organise des élections libres et équitables », soutient-elle.
Solution d’urgence
Lanto Rakotomavo, présidente du parti Tanora mala¬Gasy Vonona (TGV) brandit la question de souveraineté pour réagir à l’annonce de la Troïka. « La SADC devrait respecter la souveraineté du pays », lance-t-elle. La vice-présidente du Conseil supérieur de la transition (CST) reproche en même temps au bloc économique régional son intervention tardive. « Il lui fallait prendre ses responsabilités sans attendre que les problèmes surgissent », poursuit-elle.
De son côté, Mamy Rako¬toarivelo, chef de déléga¬tion de la mouvance Ravalo¬- manana, se réjouit de la déclaration. « Maintenant, tout le monde est conscient de l’existence de blocage. La Troïka se rend compte de la réalité que nous avons dénoncée depuis un certain temps », soutient-il depuis Paris. Le président du Congrès met en même temps en garde contre « toute précipitation pour aller vers les élections ». « Nous avons d’abord besoin d’un apaisement avant d’enclencher le processus électoral », prévient-t-il.
Le FFKM profite de l’aubaine
Des tirs croisés s’abattent sur les acteurs politiques ces derniers temps. Le Conseil œcuménique des églises chrétiennes (FFKM) est également monté au créneau pour dénoncer l’attitude de ces derniers.
« Les politiciens, aussi bien en dehors qu’à l’intérieur des institutions, perdent leur temps à se chamailler et à protéger leurs avantages. Certains sont mêmes tentés d’éten¬dre la transition pour des intérêts personnels », a fait part un communiqué du FFKM, lu par le pasteur Gilbert Randrianirina, secrétaire général, hier en fin d’après-midi à Ambatovinaky.
Le FFKM regrette les fréquents désaccords et les rejets mutuels des responsabilités dans la gestion de certains dossiers entre le président de la transition et le Premier ministre. « Cela met la population dans l’expectative alors que vous ne valez pas cela », soutient-elle.
Le Conseil œcuménique des églises chrétiennes égratigne les autorités en matière de justice et de liberté d’expression. Il n’épargne pas non plus les forces de l’ordre. Il fait part de son « inquiétude » face à l’usage de la force à l’encontre de ceux qui s’expriment, « alors que les malfaiteurs osent agir en plein jour », avant d’accuser les forces de l’ordre de « fouler au pied la démocratie ».
Dans son intervention, le FFKM semble vouloir se mettre au-dessus de la mêlée aux yeux d’une opinion qu’il compte reconquérir face à la dégradation de la situation. Il réagit deux mois après sa première déclaration concernant le rôle qu’il pourrait jouer dans le processus de sortie de crise. « Il prendra ses responsabilités dans la recherche de solution à la crise et appelle les uns et les autres à y répondre favorablement », souligne le communiqué
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