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Madagascar : Les dettes intérieures restent élevées

29 mai 2012, 20:00

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Madagascar : Les dettes intérieures restent élevées

La loi des finances autorise un seuil de nouvel endettement intérieur de 90 milliards ariary cette année. Mais la situation n''''est pas loin des périodes normales.

La crise complique toujours le bouclage de la fin de l''année pour l''État. Ce dernier est encore obligé d''emprunter auprès des privés, à travers les Bons de trésor par voie d''adjudication (BTA), pour pouvoir honorer ses dépenses. Pour cette année 2012, la loi de finances prévoit un seuil de nouvel endettement intérieur de 90 milliards ariary du trésor public. Le stock ou l''encours à la fin de cette année, c''est-à-dire le reste à payer par l''Etat, devrait donc avoisiner les 1069 milliards ariary. À la fin de l''année 2011, il était à près 969 milliards ariary.

« Le montant des BTA dépend des besoins en financement du trésor public. Les 90 milliards ariary stipulés par la loi de finances sont des chiffres prévisionnels, qui pourront être dépassés ou pas atteints », explique un haut technicien au sein du ministère des Finances et du budget.

Les BTA sont des pratiques courantes en matière de finances publiques. Le Trésor recourt à ce système d''emprunt à court et moyen terme, entre 4 et 52 semaines, auprès des investisseurs privés lorsque les recettes fiscales et douanières accusent des gaps temporaires. Le taux d''intérêt des BTA est toujours au-dessous du taux directeur de la Banque centrale qui est de 9,6%.

Placement intéressant

Même durant les périodes normales, c''est-à-dire en dehors des crises politiques, l''État a toujours emprunté de l''argent au privé. En 2006, par exemple, le volume de souscription de BTA en une année a atteint les 3481 milliards ariary, contre 2413 milliards ariary en 2007. L''arrivée de la crise n''a pas pour autant entraîné un recours massif aux BTA. En 2009, le Trésor public a lancé 1164 milliards ariary de BTA au total, contre 1466 en 2010 et 1466 en 2011.

Néanmoins, le volume des encours ou stocks constitue un indicateur sur la situation financière de l''État. Les stocks, en fait, sont les restes à payer de l''État à chaque début d''année. Il illustre donc, en quelque sorte la capacité de remboursement de l''État. Durant les six dernières années, ce stock n''a pas cessé d''augmenter. Il était à 614 milliards en 2005, 790 en 2007, 814 en 2008 et 847 en 2011.

« L''idéal évidemment, serait que l''Etat n''emprunte pas du tout. Il y a eu effectivement des moments ou le niveau du stock a été de zéro, voire négatif puisque la recette et les financements extérieurs ont été très importants », précise un spécialiste du Trésor public.

Les BTA constituent des placements sûrs pour ceux qui ont des réserves d''argent à investir, à cause du taux d''intérêt et puis, parce que l''État est généralement bon payeur. Les banques primaires, grâce à leur puissance financière, sont réputées comme étant les grands participants aux BTA.

Depuis quelques années, des efforts ont été faits pour que les particuliers et les secteurs non bancaires profitent également de cette opportunité. En 2011, sur une souscription totale de 1466,7 milliards ariary faite par le Trésor public, 432,8 venaient des secteurs non-bancaires.

1 roupie mauriecienne =71.7 ariary.


Source : Mahefa Rakotomalala/L’Express de Madagascar.

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