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Madagascar : Rajoelina-Ravalomanana, l’impossible réconciliation

23 mars 2012, 20:00

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Rajoelina a fait quelques révélations, vendredi. Rajoelina a enfoncé le clou, vendredi, à propos de son rapprochement avec Ravalomanana. La réconciliation ainsi que l’amnistie semblent s’éloigner.

Ces deux là ne passeront pas leurs vacances ensemble. Andry Rajoelina, président de la Transition, garde avec fermeté ses distances par rapport à l''''ancien président Marc Ravalomanana. « Comment voulez-vous procéder à la réconciliation dans ces conditions C''est très difficile », a-t-il lancé au cours de l''émission hebdomadaire « Invité du Zoma » sur la station de télévision TV Plus, vendredi. « Va-t-on en arriver à l''élimination physique », s''est-il demandé.

Andry Rajoelina s''est personnellement exprimé sur l''histoire de l''arrestation de quelques hommes en treillis en février dernier et a pointé du doigt l''ancien Président. « Des militaires qui viennent de sortir de prison []bénéficiant de l''arrêt des poursuites judiciaires à connotation politique selon la Feuille de route] tentent de vous assassiner (...),  mais également les généraux André Ndriarijaona, chef d''état-major général de l''armée, et Richard Ravalomanana, commandant de la circonscription interrégionale de la Gendarmerie », a-t-il cité en exemple.

Le président de la Transition a ainsi évoqué un lien entre le cerveau de cette tentative de coup d’Etat et Marc Ravalomanana, en rappelant l''aveu des militaires suspectés. « Ils étaient entrés en contact avec quelqu''un qui se trouve en Afrique du Sud », a-t-il soutenu tout en mentionnant une confirmation de la révélation par le biais d''un recoupement sur le numéro de téléphone utilisé dans ce pays..

Ce n''est pas la première fois qu’Andry Rajoelina charge l''ancien Président sur la question de l''amnistie et de la réconciliation. « Ceux qui ont commis un crime, même s''ils sont encore vivants, sont déjà morts (...) Ils ne sont plus des dirigeants, ni des hommes politiques mais des assassins », avait-il déjà souligné lors de la commémoration des événements du 7 février à Ambohitsorohitra.

Resserrer les rangs

Vendredi, il a rectifié le tir en « retournant la responsabilité de la population de répondre » à ses questions. «Au nom de la réconciliation et du fihavanana, va-t-on accepter l''impunité ? Va-t-on accepter le retour des anciens dirigeants qui avaient assassiné des gens», s''est-il interrogé. « Je suis contre », a-t-il martelé, tout en réfutant toute visée électoraliste dans la démarche.

Coïncidence ou hasard de calendrier, Andry Rajoelina est revenu à la charge pour enfoncer Marc Ravalomanana, qui, pour une raison ou une autre, s''est enfermé dans un silence éloquent ces dernières semaines. Rajoelina  a en même temps tenté de resserrer les rangs derrière lui sur la question. L''annonce a été faite à quelques jours du conseil du gouvernement et du conseil des ministres en début de semaine pour adopter le projet de loi sur l''amnistie, comme pour rappeler sa position sur la question.

Le président de la Transition a indiqué qu''il existe des normes internationales à respecter pour l''adoption du texte. Mais il est allé au-delà de ce projet de loi pour clouer au pilori son rival. « Ceux qui avaient assassiné des gens et avaient fait du mal au pays (...) pourraient être amnistiés, mais ne pourraient plus, par contre, faire de la politique », a-t-il suggéré, reprenant sa déclaration à Ambohitsorohitra le 7 février.

La déclaration présidentielle donne le ton aux débats autour de l''adoption de l''amnistie dans les prochains jours. La Troïka, organe de coopération de la Communauté de développement de l''Afrique australe avait fixé un nouveau calendrier, à savoir avant la fin du mois, pour faire passer le texte au Parlement, qui, ces derniers temps, a passé outre les consignes de vote de certains projets de loi.

(Source : Iloniaina Alain, L’Express de Madagascar).

 

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