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Mayotte : Un Centre d’accueil pour les demandeurs d’asile voté par les élus
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Mayotte : Un Centre d’accueil pour les demandeurs d’asile voté par les élus
L’Aide médicale d’Etat (AME) qui est un dispositif permettant aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d''''un accès aux soins est l’objet du premier amendement pour demander son maintien, (…) ainsi que la mise en place de la Couverture Maladie universelle (CMU) complémentaire, une protection complémentaire santé gratuite.
Le  second amendement portait sur la création d’un Centre d’accueil des demandeurs d’asile, susceptible d’offrir des prestations en matière médico-sociales. La présence des demandeurs d’asile est sujette à caution à Mayotte où la tradition d’accueil a toujours été forte, mais où les jalousies entre îles des Comores se réveillent face à la petitesse du marché de l’emploi, à un accès aidé au logement inexistant, aux problèmes rencontrés dans la vie quotidienne pour participer à la société de consommation de plus en plus prégnante, et à la méfiance vis à vis des demandeurs d’asile africains des Grands Lacs, où génocidaires et victimes demandent de concert le droit d’asile.
Criminels de guerre et victimes
« Nous accueillons des criminels de guerre qui se cachent ! » s’exclamait d’ailleurs Issihaka Abdillah, conseiller de Bandraboua, lors de la réunion du Conseil général. « Les forces de l’ordre étant trop occupées à la lutte contre l’immigration clandestine pour s’en occuper », avant de fustiger avec raison l’absence à Mayotte de l’organisme en charge de l’étude de ces dossiers, l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides).
L’absence de l’OFPRA à Mayotte  oblige, en effet,  les demandeurs d’asile à envoyer leurs dossiers à Paris, d’en attendre le retour dans l’île. Cela  prend beaucoup de temps, surtout qu’il manque parfois une photo d’identité, ce qui occasionne un aller retour du dossier qui finit parfois par se perdre, essentiellement par la faute de l’adressage défectueux à Mayotte… pendant ce temps les demandeurs d’asile attendent sur le territoire, sans nouvelles du traitement de leur cas, et avec une autorisation de séjour expirée.
 «Un Centre d’accueil permettra de les identifier et de ne pas les laisser dans la nature » déclarait Mohamed Elamine, directeur chargé de la Solidarité et du développement.
De son côté, Soiderdine Madi, 5ème vice-président, a invoqué les 374 km2 de Mayotte, « trop petite pour être une terre d’asile, on ne s’occupe pas de nos enfants mahorais, mais plutôt des demandeurs d’asile ? Il faut un quota ! ». Calmé aussitôt par le conseiller Ibrahim Aboubacar qui relevait que « la France ne serait pas la France si elle n’accueillait pas les personnes en difficulté. On ne peut remettre en cause la question de l’asile dans son principe ». Le  président du Conseil, Daniel Zaïdani est, lui, estime qu’il faut  « décentraliser les dossiers vers un territoire 10 fois plus grand que Mayotte, en l’occurrence La Réunion. Il appelle surtout de ses voeux la mise en place de l’Office français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII) qui gère les procédures d’accueil, travaille sur l’intégration des réfugiés politiques, accueille les demandeurs d’asile et aide à la réinsertion de l’étranger dans son pas d’origine.
(Photo : Une manifestation  de demandeurs d''asile originaires de la région des Grands Lacs devant la Préfecture de Mayotte).
(Source : Par Annette Lafond, Malango Actualité).
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