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Sarkozy multiplie les promesses pour conquérir les Réunionnais

4 avril 2012, 20:00

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Sarkozy multiplie les promesses pour conquérir les Réunionnais

Devant plus de 10 000 personnes, Nicolas Sarkozy a dévoilé, mercredi soir à Pierrefonds, ses mesures chocs pour répondre aux grands maux de la société réunionnaise. Maintien de la défiscalisation, suppression de charges pour les moins de 25 ans, recrutement de cadre réunionnais dans la fonction publique...

?"Ma vision pour les Réunionnais n’a pas changé. Je veux qu’on vous donne les éléments pour permettre votre développement économique", a-t-il  dit. L’un de ces éléments, "central", selon lui, passe par la défiscalisation.?"Je garantirai le maintien de la défiscalisation, a-t-il promis.?Sans ça, ce n’est pas possible d’attirer les capitaux". Le président candidat n’est pas allé aussi loin que dans le discours distribué à la presse et qu’il n’a finalement pas prononcé. Dans ce texte, il souhaitait que les projets d’investissement jusqu’à 3 millions d’euros, contre 1,5 million aujourd’hui, soient instruits localement et non plus à Paris.

Deux mesures en faveur de l’emploi

Mais les deux mesures phares de Nicolas Sarkozy concernent l’emploi.?"Vos entreprises doivent être compétitives. Une de mes premières grandes décisions sera de supprimer les charges patronales pour les jeunes de moins de 25 ans. Je ne connais pas de mesure plus puissante" pour lutter contre le chômage, a-t-il lancé avant de dévoiler la seconde mesure. S’il est reconduit à la tête de l’état, il envisage d’exonérer de charges les entreprises évoluant dans les secteurs éligibles à la zone franche à condition de signer des promesses d’embauche.?"C’est un engagement que je prends et qui n’a jamais été pris avec cette force et cette clarté", a-t-il souligné.

Très offensif, il n’a pas arrêté son train de mesures à ces engagements. À l’inverse de son adverse socialiste qui, le week-end dernier, l’avait attaqué à de multiples reprises, Nicolas Sarkozy n’a, à aucun moment, taclé ses concurrents. À peine a-t-il fait une allusion à ceux "qui ne disent pas la vérité".?Lui, assure-t-il, "prend des engagements". "Je les tiendrai", a-t-il ajouté.

Revenant sur "cette crise de violence" du mois de février qu’il analyse comme "un appel au secours", Nicolas Sarkozy a abordé le problème de la vie chère.?Il s’est engagé à durcir le contrôle des prix dans la grande distribution. "Je donnerai six mois à l’ensemble de la grande distribution pour faire le point avec l’autorité de la concurrence. Si je m’aperçois que le prix des produits qui devaient baisser n’a pas baissé, alors je donnerai pouvoir à l’autorité de la concurrence pour casser la situation de monopole et favoriser la vente de magasin".

"Le pouvoir aux Réunionnais »

Sur le prix de l’essence, il s’est opposé à un gel des tarifs, en expliquant : « le problème réunionnais, ce n’est pas tant le problème du prix du gasoil, moins cher qu’en métropole, mais l’absence de transport en commun". Nicolas Sarkozy s’est montré favorable à ce que la Réunion ne soit pas contrainte par l’Europe à acheter du carburant ne répondant pas aux normes qu’elle a définies. "Si on peut acheter le pétrole moins cher dans la région, qu’on le fasse", a-t-il clamé sous les applaudissements du public.

Le président candidat a évoqué deux autres mesures. Il souhaite ainsi favoriser la prise de responsabilités des Réunionnais dans la fonction publique en organisant les concours pour les catégories A à la Réunion. "Le recrutement se passera d’abord à la Réunion et, si on ne trouve pas, il se passera sur le territoire national. J’inverse les choses et je donne le pouvoir aux Réunionnais pour qu’ils exercent des fonctions à responsabilité dans l’appareil de l’Etat".

Lutte contre l’échec scolaire

Enfin, dernier axe de son discours : l’éducation.?Nicolas Sarkozy s’est dit prêt à consacrer 2 000 euros à chaque enfant en situation d’échec et scolarisé en primaire. Il s’est par ailleurs engagé à ce que chaque étudiant, à la sortie du lycée, se voit proposer une solution, qu’il s’agisse d’une formation, de l’alternance ou de l’apprentissage.?

Sarkozy conclu en louant les qualités "de solidarité de la famille réunionnaise". "Ici, on ne parle pas de paix, on fait la paix, ici, on vit la solidarité à l’intérieur de la famille.?Peut-être nulle part comme ici, on sait ce que la tolérance et le respect veulent dire". Et d’enchaîner comme s’il regardait la Réunion dans les yeux : "En 2007, je sais bien que vous vous êtes demandé si je vous aimais vraiment. Je vous aime profondément et sincèrement", a-t-il répondu avant, quelques minutes plus tard de demander aux Réunionnais, le 22 avril et 6 mai prochains de faire leur choix "sans tenir compte de vos habitudes de vote". Réponse dans moins de trois semaines.

(Source : Jean-Philippe Lutton, Le Journal de l’île de la Réunion).


 

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