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Zanzibar : Les séparatistes tombent dans la violence

28 mai 2012, 20:00

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Deux églises ont été partiellement brûlées au cours du week-end, après des affrontements avec les forces de l’ordre.

L’arrestation vendredi 26 mai d’un imam appartenant au groupe islamiste Uamsho (« Réveil » en kiswahili) a été l’élément déclencheur des violences qui ont émaillé le week-end à Zanzibar. Dans l’après-midi de samedi et de dimanche, les manifestants d’Uamsho ont affronté la police.

A coup de jets de pierres, ils ont protesté contre cette arrestation, tout en appelant à la tenue d’un referendum sur l’union formée depuis 1964 avec la partie continentale de la Tanzanie. La police zanzibarite a répondu avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau, afin de disperser les perturbateurs. Quelques-uns auraient été blessés lors de la confrontation.

Des membres d’Uamsho sont également recherchés par la police pour des actes commis contre deux églises de Stone Town. Ces dernières auraient été incendiées par des jets de  chaises en plastique en feu, utilisées comme des torches. Dimanche, la police de Zanzibar révélait avoir arrêté sept individus. Les autorités accusent également Uamsho de vouloir semer le chaos sur les îles d’Unguja et de Pemba, en attirant la jeunesse dans son sillage.

Si Zanzibar forme la Tanzanie avec l’ancien Tanganyika depuis 1964, tout en conservant un président, un parlement et des ministères pour les affaires locales, l’équilibre a toujours été fragile. Lors de la célébration de l’anniversaire de l’Union, le 26 avril dernier, les leaders islamistes d’Uamsho ont ainsi réclamé publiquement la fin de l’union.

Ils se réfugient dans la protection des valeurs musulmanes de l’archipel (99% de la population sont de foi islamique) pour justifier leurs choix. Ils estiment en effet que leurs traditions sont en danger dans le cadre de l’union les liants à la partie continentale de la Tanzanie, de tendance chrétienne. Certains Tanzaniens, si la fin de l’union est décrétée, soupçonnent Uamsho de vouloir instaurer la charia sur les îles de Zanzibar. D’autres redoutent une éventuelle connection avec les Shebabs de Somalie. 

L’évolution de la situation, au cours des prochains jours, sera donc à suivre de près. Surtout si des violences religieuses, contre les chrétiens, se reproduisent. La police, elle, se dit prête à tout pour le maintien de la paix sur l’archipel, alors que se profile le début de la haute-saison touristique et l’arrivée de centaines de touristes occidentaux. 

Arnaud Bébien/ Malango Actualité, 29 mai 2012.


 

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